La fin de l’étalon or

La fin du standard or a boosté l’utilisation de la monnaie fiduciaire. Toutefois, l’or conserve sa place de métal précieux et récemment, face à la dévaluation des principales devises, les questions fusent : faudrait-il retourner à l’étalon-or ? Avant d’aller plus loin, essayons d’en savoir plus sur la fin du standard or.

Un petit rappel sur l’histoire du standard or

La première utilisation de l’or remonte à plus de 4 000 ans AV. J-C. Les joailliers apprécient sa résistance, sa malléabilité et surtout, son éclat. Synonyme de richesse, l’or a vite fait de servir de monnaie d’échange.

La révolution industrielle, associée à la découverte de nouveaux gisements aurifères, a permis l’augmentation de la production d’or.  En 1871, l’empire allemand adopta le standard or en tant que système monétaire et plusieurs pays décidèrent de lui emboîter le pas.

Dans cette configuration, l’émission de monnaie requiert la présence d’une garantie en or ayant la même valeur. Néanmoins, les dépenses liées aux deux Guerres mondiales ont encouragé les protagonistes à émettre de l’argent, indépendamment de la quantité d’or en stock.

Les accords de Bretton Woods : la fin au système de l’étalon-or

bretton-woodLes États-Unis furent relativement épargnés par la Seconde Guerre Mondiale et à la toute fin, tandis que les autres pays se retrouvaient ruinés, l’économie américaine se confortait à la première place mondiale. À la recherche d’un système destiné à renforcer leur puissance économique et politique, les Américains réussirent à faire signer les accords de Bretton Woods à une coalition d’États encore hagards. C’était le 22 juillet 1944.

De prime abord, les accords de Bretton Woods sonnèrent la fin du standard or et le remplacèrent par le Gold-Exchange Standard. Seul le dollar reste convertible en or tandis que la valeur des autres monnaies est établie par rapport à leur valeur face au dollar. Pour la petite histoire, le cours de l’or était alors fixé à 35 dollars l’once.

Les Banques centrales furent obligées d’acheter du dollar et certains pays, comme la Chine et le Japon, au lieu de concurrencer le dollar, ont préféré achetés des bons du Trésor américain. À eux deux, ils en détiennent plus de 1 000 milliards.

Qui aura le mot de la fin, l’or ou la monnaie fiduciaire ?

En lançant l’Euro en 2002, les pays de l’Union européenne contribuèrent à limiter le rayonnement du dollar. Aujourd’hui, suite à la croissance exponentielle de la dette publique des États-Unis, une économie en panne de croissance et l’émergence de nouveaux pays riches, le dollar peine à conserver son rôle de monnaie référence.

S’y ajoute une Chine qui accélère l’internationalisation de sa monnaie, convaincant de nombreuses places financières de proposer des produits libellés en Yuan. Avec en ligne de mire la destitution du billet vert, la banque centrale chinoise augmente tranquillement ses réserves d’or et récemment, le marché aurifère de Shanghai vient de s’ouvrir aux opérateurs internationaux.

Cependant, même si le Yuan se renforçait, plusieurs analystes estiment que les monnaies fiduciaires favorisent trop les spéculations. Dans un tel contexte, et même si depuis l’or suit une tendance à la baisse depuis 2011, les spécialistes confirment qu’il reste toujours une valeur refuge. Pour eux, c’est clair : le standard or devrait revenir sur le devant de la scène pour débuter un nouveau cycle.