Retours vers un standard or ?

Dans le contexte économique actuel, beaucoup de spécialistes estiment que le retour vers un standard or constituerait une solution efficace. En effet, le standard or permettrait de limiter la masse monétaire en circulation et d’éviter ainsi les spéculations. Essayons d’analyser les tenants et les aboutissants d’un retour vers un standard or.

La fin du standard or

Les deux Guerres mondiales ont accéléré la fin du standard or. En vue de financer les dépenses engendrées par les conflits, les pays concernés n’ont plus respecté l’existence d’une garantie aurifère avant d’émettre des monnaies.
Après la fin de la Deuxième Guerre, certains économistes ont préconisé le retour et l’amélioration du standard or, mais souhaitant étendre leur influence politique et économique, les États-Unis ont réussi à imposer le dollar en tant que principale monnaie d’échange lors des accords de Bretton Woods en 1944.
Longtemps, les Américains ont abusé de leur position dominante. Plus tard, lorsque leur économie s’est essoufflée, au lieu de corriger le système et retourner vers l’étalon-or, les autres pays, comme la Chine et le Japon, ont préféré acheter des bons de trésor américain et  devenir ainsi les premiers créanciers des États-Unis.

 

Plusieurs raisons justifient le retour vers le standard or

Au cours des 70 ans de règne du dollar, la monnaie-papier a montré ses limites. Les principales devises perdent leur valeur et les différents produits financiers disponibles favorisent les spéculations. Même l’or n’a pas échappé à cette tendance avec l’émission des certificats et des ETF.
À cause de la globalisation, les crises économiques se répercutent au niveau mondial et les difficultés d’un pays, comme l’a démontré la crise des subprimes aux États-Unis, provoquent une récession mondiale, tant les différents pays sont liés entre eux.
Le système requiert un meilleur contrôle et le retour vers un standard or figure parmi les solutions proposées. Notre économie deviendra alors plus « réelle » et l’argent en circulation sera alors proportionnel à la richesse créée. Étant donné que plus de 50 000 tonnes d’or ont été converties en bijoux, le recyclage de l’or constitue une alternative face à la diminution des réserves d’or exploitables.

 

Néanmoins, quelques doutes subsistent

Aujourd’hui, le cours de l’or est fixé par quelques acteurs, membres de la London Bullion Market Association (LBMA). En vue de limiter les spéculations, il faut faire en sorte que le prix de l’or reflète les stocks disponibles. La réforme du fixing du cours de l’or est en cours, le nouveau système sera-t-il à la hauteur des enjeux ?
Les métaux précieux attisent les convoitises. Récemment, un grand acteur a acheté de l’argent métal pour une valeur de plusieurs milliards afin de profiter de la hausse future du cours de l’argent. Comment limiter de tels agissements ? Comment ne pas fausser le jeu ? Comment ne pas aboutir sur une situation de monopole comme le dollar le fût et l’est encore ?
Les progrès technologiques ont facilité la numérisation de la monnaie. Un retour en arrière semblerait difficile, dans le cadre d’un système basé sur le standard or, comment mieux organiser l’utilisation de la monnaie numérique et empêcher les abus ?
Enfin, souvent, les Banques centrales rechignent à publier des chiffres précis sur leurs réserves d’or et ne permettent pas une vérification indépendante des stocks, les monnaies émises seront-elles proportionnelles aux réserves réellement disponibles ?