Sarkozy a vendu l’or de la France

Lors de son passage au ministère de l’Économie, Nicolas Sarkozy a mis en vente une partie des réserves d’or de la France. Essayons d’en savoir plus sur les tenants et les aboutissants de cette vente.

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Vendre l’or afin de réduire les déficits publics

En 2004, le stock d’or de la France était estimé à environ 3000 tonnes. La France figurait parmi le haut du top ranking des pays détenteur d’or. Même s’il s’agit d’une grande quantité et que cette réserve permet de garantir les emprunts français, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie, estima avec son équipe que vendre une partie de ce trésor serait plus utile.

En effet, l’or stocké par la Banque de France ne génère aucune rentrée d’argent pour les caisses de l’État. Grâce à la vente, la France pourrait acheter des devises et mettre une partie de l’argent obtenue sur les placements obligataires.

Selon les estimations réalisées, l’opération renflouerait les caisses de l’État à hauteur de 200 millions d’euros annuels à partir de 2005 et résorberait ainsi une partie du déficit public. Alors, entre 2004 et 2009, la France a vendu plus de 500 tonnes d’or.

Une vente incomprise et à contre-courant

Premièrement, la France a signé le CBGA 2 (Gold sales Under the Central Bank Gold Agreements). Dans le cadre de cet accord, plusieurs banques centrales se sont engagées à ne pas vendre plus de 500 tonnes d’or entre 2004 et 2009. Et c’est justement pendant cette période que la France a vendu 20 % de ses réserves d’or, soit plus de 500 tonnes d’or.

Deuxièmement, si vendre de l’or en vue d’obtenir du liquide constitue une stratégie utilisée par toutes les banques centrales, la France a choisi le mauvais moment. À partir de 2004, le prix de l’or a explosé. Plusieurs pays avaient aussi prévu de vendre une partie de leur or, mais face à la montée des prix, ils ont fait machine arrière et adaptés leur stratégie. Ils ont ainsi profité d’une forte hausse de la valeur de leur stock d’or, tandis que la France, profitée elle aussi d’une montée de la valeur des devises, mais dans des proportions bien moindres.

 

Pour la Cour des comptes, l’opération fut un fiasco

Dans leur rapport annuel de 2012, les magistrats de la Cour des comptes n’ont pas été tendres avec le gouverneur de la Banque de France. Même si la vente a apporté des dizaines de milliards d’euros, les magistrats soulignent que le prix de cession de la dernière tranche a été trop bas. Surtout, une grande partie de l’argent obtenue a servi à acheter des livres sterling dont le risque de dévaluation fût très élevé après la crise des « subprimes ».

Les magistrats de la Cour des comptes concluent qu’après avoir vendu l’or, la Banque de France s’est appauvrie de 10 milliards d’euros. Bref, cette expérience malheureuse de la France confirme le fait que par rapport à la monnaie fiduciaire, l’or physique constitue un meilleur placement.